Bafouillages

 Blog consacré aux sciences humaines en général, à la sociologie en particulier

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mercredi 9 juillet 2008

4 livres sur les méthodes quantitatives gratuits sur SciencesHumaines.com

Tout est dans le titre !

Le site de la revue Sciences Humaines propose gratuitement 4 livres (au format pdf) concernant les méthodes quantitatives. Ils sont détaillés, et téléchargeables (enfin, normalement...), depuis cette page. Seulement, puisque les liens vers les livres mènent à une page d'erreur, voici des liens directs qui, eux, fonctionnent :

samedi 5 juillet 2008

Pierre Bourdieu - Les doxosophes

Je suis content de proposer aujourd'hui un texte qui, me semble-t-il, n'est pas très aisément accessible (en fait je ne l'ai pas trouvé sur la toile, ni même à ma BU). « Les doxosophes » est un texte paru dans le premier numéro de la revue « Minuit » (de l'éditeur du même nom), datant de novembre 1972. C'est un article difficile (là encore, « me semble-t-il ! »), riche, dense, qui s'inscrit, à l'instar de son article sur les sondages, dont le titre m'échappe présentement, dans ses réflexions portant sur les « faiseurs d'opinion », journalistes et politologues.

En guise d'introduction, je me contenterai de citer un extrait de Bourdieu issu de « Les usages sociaux de la science » : « Pour moi, les doxosophes, ce sont les savants apparents de l'opinion, ou des apparences, c'est-à-dire les sondeurs et les analystes des sondages, ces gens qui nous font croire que le peuple parle, que le peuple ne cesse de parler sur tous les sujets importants. Mais ce qui n'est jamais mis en question, c'est la production des problèmes qui sont posés au peuple. »

(Une fois encore, malgré le soin que j'essaie d'apporter à la reproduction du texte, des coquilles ont pu s'y glisser. N'hésitez donc pas à me les signaler.)

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lundi 30 juin 2008

Ethnographie, ethnologie, anthropologie... Les différences

Pour complexifier un peu le problème, j'aurais pu ajouter dans le titre : anthropologie sociale et anthropologie culturelle. Parmi tous ses termes, recouvrant des traditions nationales et des approches différentes de « l'étude de l'Homme », il est aisé de s'égarer. Pour y voir un peu plus clair, voici deux extraits. Le premier est tiré de l'« Introduction à l'anthropologie » de Claude Rivière, chez Hachette. Le second, que je viens de découvrir et qui m'incite à poster ce billet, est un extrait de la préface de l'ouvrage « Fondement culturel de la personnalité » de Ralph Linton ; la préface est signée Jean-Claude Filloux. Bonne lecture ! (et désolé pour les éventuelles coquilles dues à l'OCR ; n'hésitez d'ailleurs pas à me les signaler)

Extrait d'« Introduction à l'anthropologie » de Claude Rivière.

Le fait que la même discipline soit appelée ethnographie, ethnologie, anthropologie sociale ou culturelle s'explique par de légères différences de contenu, d'objet, de méthode et d’orientations théoriques propres souvent à des traditions nationales, encore qu'on puisse y voir aussi des moments successifs du travail anthropologique. L'ethnographie est l’étape de collecte des données, l'ethnologie le stade des premières synthèses, l'anthropologie la phase des généralisations théoriques après comparaison. Au vrai, cette distinction, qui n'est pas tout à fait recevable, marque cependant des tendances. L'ethnographie correspond à un travail descriptif d'observation et d'écriture, comportant collecte de données et de documents et leur première description empirique (graphie) sous forme d'enregistrement des faits humains, traductions, classement des éléments que l'on estime pertinents pour la compréhension d'une société ou d'une institution. Elle donne lieu à des monographies de divers aspects de cette société. Une monographie peut porter aussi bien sur une ethnie d'Océanie que sur un village d'Europe, sur une fête régionale que sur les tifosi dans le football italien. Description, inventaire, classification des coutumes et traditions exotiques ou populaires sont aussi les tâches qu’effectuent les muséographes. L'ethnologie, élaborant les matériaux fournis par l'ethnographie, vise après analyse et interprétation à construire des modèles et à étudier leurs propriétés formelles à un niveau de synthèse théorique rendu possible par l'analyse comparative. On parle d'ethnographie d'un village, mais d'ethnologie des pays méditerranéens pour désigner un ensemble de travaux. Le mot d’ethnologie, introduit par le moraliste suisse Chavannes en 1787 (celui d'ethnographie (1810) est attribué à l’historien allemand B.C. Niebuhr), recouvrait au XIXème siècle l'étude des sociétés primitives, notamment de l'homme fossile et de la classification des races. Actuellement les Britanniques utilisent le terme anthropology comme équivalent de notre « ethnologie », française et le mot ethnology pour désigner les problèmes d'origine et de reconstitution du passé, de diffusion de traits culturels et de contacts qui ne relèvent pas directement d'une étude des institutions sociales. L’anthropologie se veut encore plus généralisatrice que l’ethnologie. J. Copans la voit : 1) comme ensemble d'idées théoriques référant aux hommes et aux œuvres, aux précurseurs, contradicteurs et successeurs menant des débats d'idées sur les groupes humains et leurs cultures; 2) comme tradition intellectuelle et idéologique propre à une discipline ayant un mode d'appréhension du monde; 3) comme pratique institutionnelle définissant ses objectifs, ses objets, ses idées ; 4) comme méthode et pratique de terrain. L'anthropologie sociale, incluse dans l’anthropologie générale, telle qu’elle a été surtout définie par l'école britannique, établit les lois de la vie en société spécialement sous l’angle du fonctionnement des institutions sociales telles que famille et parenté, classes d'âge, organisation politique, modes de procédure légale... L'anthropologie culturelle, née aux États-Unis avec F. Boas, est une démarche spécifique à l’intérieur d'une discipline. Elle est concernée par le relativisme culturel, et part des techniques, des objets, des traits de comportement pour aboutir à synthétiser l'activité sociale. Une importance est accordée aux traits culturels et aux phénomènes de transmission de la culture. En France, le terme d'ethnologie continue d’être en vogue, mais on tend à lui substituer celui d'anthropologie sociale et culturelle; les qualificatifs différencient cette discipline de l’anthropologie philosophique, discours abstrait sur l'homme, et de l'anthropologie physique, qui a pour objet l’étude biologique et physique des caractères de race, d'hérédité, de nutrition, de sexe, et qui comprend l'anatomie, la physiologie et la pathologie comparée. Le lien avec la philosophie de l'homme et de l'histoire a permis de développer rapidement le statut théorique de l'ethnologie, et le lien de celle-ci avec l'action (même coloniale : connaître des peuples étrangers pour agir sur eux) a été une condition de la vitalité de la discipline, notamment quand des ethnologues ont relayé les explorateurs, administrateurs et missionnaires.

Objet et démarche de l'anthropologie

L'anthropologie prend pour objet des unités sociales cohérentes et de faible ampleur qui, ou bien constituent un échantillon représentatif d'une société globale qu'on souhaite appréhender (A. Schwartz étudie ainsi la vie quotidienne d'un village guéré de Côte-d'Ivoire), ou bien ont une position originale parleur sous-culture spécifique (les paysans de l'Aubrac, des ensembles résidentiels HLM, un groupe de rockeurs). La démarche consiste bien à extrapoler le global à partir du local par la saisie des rapports interindividuels et institutionnels, des principes d'organisation et de production, des valeurs dirigeant la vie commune. À défaut d’objets exotiques, beaucoup d'anthropologues modernes trouvent désormais des lieux d’insularité au cœur de leur pays, aussi bien dans la cité moderne que dans les refuges de traditions, d'autant que beaucoup de collectivités locales françaises cherchent de plus en plus à valoriser leur patrimoine ethnologique et historique. À propos des sociétés qu'il étudie, l'anthropologue pose des questions du type suivant : Quelle est la nature et l’origine des coutumes et des institutions ? Quelle est la façon dont l'individu vit sa culture ? Quelles significations revêtent entre groupes voisins les différences sociales et culturelles ? Le point de vue comparatif demeure donc toujours à l'arrière-plan lorsqu'on cherche les ressemblances et différences entre groupes humains, lorsqu'on souligne les clivages entre hommes et femmes, jeunes et vieux, chef et sujets à l'intérieur d'un groupe, ou bien lorsqu'on confronte en miroir les anthropologies allemande et française. Soucieuse de totalité, l'anthropologie étudie l'homme sous toutes ses dimensions, en montrant comment, à l'intérieur de ce que M. Mauss appelle le phénomène social total, des éléments d'une économie par exemple ne peuvent être compris et expliqués qu'en relation avec des phénomènes politiques, religieux, parentaux, techniques, esthétiques. Chaque élément isolé prend signification de l'ensemble culturel et social dans lequel il s'insère. Le même ensemble social peut aussi être saisi par d'autres disciplines avec lesquelles l'anthropologie entre en complémentarité.

Extrait de la préface de Jean-Claude Filloux à l'ouvrage « Le fondement culturel de la personnalité », de Ralph Linton.

Les termes « anthropologie », « ethnologie », « anthropologie culturelle », « anthropologie sociale », etc..., étant souvent pris l'un pour l'autre, et étant d'ailleurs souvent réellement synonymes, il serait impossible de situer l'effort de Linton sans indiquer au moins schématiquement quelles sont les grandes avenues et les grandes perspectives des sciences dites « anthropologiques ». Il convient d'abord d'éliminer des recherches sociologiques l'anthropologie physique, qui étudie les caractères morphologiques des divers types raciaux, et qui, partant, n'appartient pas aux « sciences morales », mais à la biologie. Au sens large, l'anthropologie est la science de l'homme et de ses œuvres — Man and his Works, tel est le titre d`un important ouvrage de M.J. Herskovits —, la science des civilisations. Bien qu'abordant à l'heure actuelle, surtout aux États-Unis, les sociétés modernes, l'anthropologie étudie pourtant d'une façon privilégiée les sociétés primitives. Et ici encore, il conviendrait d`éliminer une discipline voisine, et qui a de nombreux points communs avec elle : l'archéologie. Si cette dernière se préoccupe bien en effet de faits de civilisation, c'est en quelque sorte pour eux-mêmes, et abstraction faite des structures sociales, des touts culturels dont ils font partie. Or, même s'il lui arrive de recourir à l'histoire de sociétés qu'il étudie, l'ethnologue n'éprouve qu'un intérêt très indirect pour les objets ou les œuvres d'art, vestiges du passé des peuples. On pourrait alors, en suivant un article de Georges Balandier ([1]) distinguer une sorte de gradation entre l'objet de l'ethnographie, de l`ethnologie et de l'anthropologie proprement dite. L'ethnographie est la démarche initiale qui consiste à observer et analyser « sur le terrain » les mœurs et les institutions d'un peuple. Le Manuel d'Ethnographie de Marcel Griaule (1957) est un excellent résumé des méthodes maintenant utilisées dans ce travail fondamental. L'ethnologie implique un effort de synthèse, et consiste donc en une reprise systématique des données obtenues, soit pour reconstruire les structures institutionnelles de la société, soit pour retrouver l'histoire de son évolution culturelle, soit encore pour comparer diverses sociétés et diverses cultures en ajustant des connaissances relatives à des groupes voisins. Quant à l'anthropologie au sens strict, elle se présente comme une interprétation théorique des laits de culture, elle tend à transcender la diversité et à rechercher des propriétés générales caractérisant toute vie en groupe. Mais Balandier reconnaît lui-même que le mot « anthropologie » recouvre la plupart du temps ces trois « moments » de la recherche. Aussi est-il préférable de dire qu'une fois le travail proprement ethnographique effectué (lui seul apporte les data indispensables), l'« anthropologie » ou l' « ethnologie » rassemble toutes les démarches interprétatives qui transforment les données brutes en matériel scientifique et en conceptions théoriques. Et c'est précisément en fonction du style de cette interprétation, elle-même dépendante de l'optique et des desseins du chercheur, que se sont distinguées et que se distinguent à l'heure actuelle les diverses écoles. Les premiers ethnologues (Morgan, Frazer, Tylor, Rivers) se préoccupaient moins de la structure des institutions des peuplades primitives, ou du fonctionnement de leurs cultures que de retrouver à travers elles un schéma des origines et de l'évolution des civilisations. Leurs conceptions étaient dominées par la notion d'un progrès, d`un développement continu de la barbarie à la civilisation. Ainsi Morgan distinguait-il dans son Ancient Society (1877) trois périodes principales dans le développement socio-culturel de l'homme : la Sauvagerie, la Barbarie et la Civilisation. La méthode d'investigation que ces ethnologues élaborèrent était étroitement axée sur ce propos, de reconstruire le cours hypothétique d'une telle évolution ; les documents ethnographiques qu'ils utilisaient étaient uniquement des récits de voyageurs. Certes, des divergences théoriques opposent les « évolutionnistes » et les « diffusionnistes » de cette époque : les uns s'attachant davantage au développement unilinéaire d'une peuplade, les autres davantage aux contacts historiques qui permirent la « diffusion » d'un élément culturel d'un groupe à l'autre au cours de l'histoire. Mais le procédé fondamental de ce qui pendant longtemps s'identifia à la démarche ethnologique, est de recourir à une reconstruction historique hypothétique pour expliquer les caractéristiques culturelles et raciales des peuples par leur mouvement, leur mélange, ou la diffusion de leur culture. L'anthropologie moderne s'est constituée en réaction contre ces reconstitutions arbitraires. Abandonnant les sables mouvants de l' « historicisme », Radcliffe-Brown et Malinowski veulent étudier les sociétés élémentaires comme des touts actuels où il est nécessaire de saisir les relations entre les parties et l'ensemble. Radcliffe-Brown se distingue cependant de Malinowski en deux points. D'abord, il s'intéresse davantage aux structures sociales, entendues comme systèmes d'institutions, qu'aux cultures, entendues comme ensembles de coutumes, modes de vie, etc... Ensuite, il récuse le point de vue psychologique dont au contraire Malinowski fait grand usage : pour ce dernier, on ne comprendrait rien aux institutions elles-mêmes, si on ne les référait aux besoins humains qu'elles contribuent à satisfaire plus ou moins directement. C'est pourquoi le « fonctionnalisme » de Malinowski va plus dans le sens des perspectives américaines que celui de Radcliffe-Brown. Si tous deux parlent des faits sociaux en termes de « fonctions », Malinowski accueille d'avance les recherches psychologiques (aussi bien est-il le premier à avoir posé le problème de l'universalité du complexe d'Œdipe), alors que Radcliffe-Brown fait de l'ethnologie une science nettement en dehors de la psychologie et de l'histoire. Les travaux de Radcliffe-Brown ([2]) ont été a l'origine de l'école anglaise d'anthropologie sociale, dont E. Evans-Pritchard est actuellement un des plus typiques représentants. « Étude des sociétés plus que des cultures », cette branche de l'ethnologie, écrit ce dernier dans sa Social Anthropology (1951), « étudie le comportement social dans ses formes institutionnalisées, comme la famille, l'organisation politique, les règles juridiques, etc ..., et les relations entre de telles institutions ». De leur côté, les travaux de Malinowski ([3]) sont à l'origine de l'anthropologie culturelle américaine, qui prétend réintroduire directement l`humain dans le social, traiter psychologiquement les faits culturels plus encore que les faits structuraux, et enfin réintroduire le cas échéant des schémas historiques d'une manière il est vrai moins ambitieuse que les historicistes du siècle passé. Les premiers représentants de l'école américaine d'anthropologie culturelle sont F. Boas, Sapir, Wissler, Kroeber, Lowie et Godenweiser ([4]). Se rattachant d'ailleurs autant à Marcel Mauss qu'au fonctionnalisme, ils s'accordent sur les raisons suivantes d'intégrer le point de vue psychologique en ethnologie. D'abord, la culture est le fondement des structures sociales elles-mêmes ; toute institution se traduit en dernière analyse par un système de comportements s'imposant aux individus, comportements qu'il leur faut apprendre. Si la culture est l'élément appris du comportement humain, il suit évidemment qu'on ne peut faire abstraction de l'individu qui apprend. Ensuite, toute forme d'action, toute croyance, toute institution a un sens : la culture a une signification pour ceux qui vivent en conformité avec elle. Un objet ne figure dans la vie d'un peuple que s'il est reconnu comme tel : c'est seulement après avoir pris une signification qu'un objet prend vie aux yeux de la culture. Ce qui est vécu et agi par les hommes est essentiel dans l'explication même des faits culturels, qu'on se place, comme Boas, d'un point de vue plus analytique et historisant, ou, comme Mauss et Kroeber, d'un point de vue plus fonctionnaliste et synthétique. Nécessité donc d'une approche « compréhensive », en considérant la culture elle-même comme l'aspect humain du social. Enfin, il serait impossible d'expliquer la relative stabilité culturelle d'un peuple sans faire intervenir les processus d'enculturation individuelle, c'est-à-dire les mécanismes de socialisation. « L'enculturation de l'individu dans les premières années de sa vie, écrira Herskovits, est le principal mécanisme de la stabilité culturelle. » En même temps, les changements culturels proviennent de la manière dont les individus infléchissent les modèles culturels, ou contribuent à en créer de nouveaux. Aussi, la définition de la « culture » évolue chez les « culturalistes » d'une conception objectiviste (la culture comme chose en soi) à une conception de plus en plus subjectiviste (la culture en tant que vécue par les individus). Toutefois, les travaux des auteurs précités n'utilisent pas encore d'une manière systématique l'outil d'analyse que pourrait leur offrir la psychologie scientifique. Ils se contentent d'utiliser les catégories générales de la psychologie académique et parfois de la psychanalyse. Avec Margaret Mead et Ruth Benedict, apparaît pour la première fois, aux alentours de 1930, l'école d'anthropologie psychologique à laquelle se rattache Linton, qui axe ses recherches autant sur l'analyse de la culture que sur celle de la personnalité. Le couple conceptuel « culture-personnalité » devient le centre même de l'intérêt de l'ethnologue partant à la conquête scientifique d'une civilisation. Nous sommes aux antipodes de L'anthropologie sociale anglaise qui proclame encore avec Pritchard que « les tentatives pour construire l'ethnologie sur les fondations de la psychologie reviennent à construire une maison sur des sables mouvants ».

Notes

[1] G. Balandier, L'expérience de l'ethnologue et le problème de l'explication, Cahiers Internationaux de Sociologie, juillet-décembre 1956. Cf., aussi, sur les problèmes de définition : Levi-Strauss, Anthropologie structurale, 1958, chap. XVII ; sur l'évolution de l'anthropologie : Paul Mercier, Histoire de l'anthropologie, 1966, P.U.F.

[2] Radcliffe-Brown, The Social Organisation of australian Tribes (1931)

[3] Malinowski, La vie sexuelle des sauvages du nord-ouest de la Mélanésie, 1929 (trad. fr. 1930) ; La sexualité et sa répression dans les sociétés primitives (trad. fr. Payot, 1933) ; Trois essais sur la vie sociale des primitifs (tr. fr. Payot, 1967) ; Une théorie scientifique de la culture (tr. fr. Maspero, 1967).

[4] Leurs travaux principaux se situent entre 1900 et 1940. Ceux de Kroeber et de Boas sont les plus importants, on pourra lire en traduction, de Sapir, Anthropologie, t. 1 : Culture et Personnalité, t. 2: Culture, Ed. de Minuit, 1967.

jeudi 26 juin 2008

Consommation de masse

Il y a un peu plus d'un an - du 30 avril au 3 mai pour être précis - « La Fabrique de l'histoire » consacrait une série de 4 émissions à la consommation de masse. Voici les liens pointant vers la présentation détaillée de chaque numéro :

Comme d'habitude, vous pouvez écouter directement ces émissions ou les télécharger. Et laisser des commentaires...

samedi 29 mars 2008

Pierre Bourdieu - La domination masculine

Seconde vidéo avec Bourdieu issu du DVD « Penseurs de notre temps » (après celle-ci), d'une durée de 6 minutes.

vendredi 28 mars 2008

La ville revit ! Formes, politiques et impacts de la revitalisation résidentielle à Bruxelles, par Mathieu van Criekingen

Petite et rapide note de lecture sur l'article « La ville revit ! Formes, politiques et impacts de la revitalisation résidentielle à Bruxelles » du sociologue belge Mathieu van Criekingen, issu de l'ouvrage « Retours en ville », coordonné par Catherine Bidou. L'ouvrage se propose d'interroger la notion de gentrification qui, pour le dire très (trop) rapidement, consiste en un changement économico-social « vers le haut » de la structure de la population d'un quartier de centre-ville. L'intérêt de cet article est de montrer les limites d'une telle notion.

Désolé pour la qualité moyenne de l'expression : il s'agit au départ de notes pour une intervention orale. Ma paresse m'empêche de modifier le texte en profondeur et je vous le propose donc dans sa forme originelle !

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lundi 24 mars 2008

Création d'un moteur de recherche pour la sociologie

Titre un peu prétentieux puisqu'il (ne) s'agit (que) de l'utilisation d'un outil signé Google, outil qui permet d'effectuer des recherches sur un ensemble de sites sélectionnés.

Ce moteur est accessible depuis l'onglet « Moteur de recherche pour la sociologie », situé en haut de chaque page de ce blog le lien situé en haut à gauche, sur chaque page de ce blog ; mais il dispose également de son « adresse Google » propre, que vous pouvez, bien entendu, ajouter à vos favoris. Ça se passe ici.

Quelques petites remarques :

  • les sites sélectionnés sont tous, forcément, francophones
  • ils sont, volontairement, de formes variées (blogs, sites institutionnels, sites de revues, etc.), l'idée étant de diversifier les sources disponibles
  • découle du point précédent le fait que les sites sélectionnés présentent soit du contenu directement « exploitable », soit des références (d'articles, de livre)
  • Wikipedia est exclu de cette liste. L'encyclopédie gratuite ayant l'habitude de monopoliser les premières places lors des recherches « classiques » sur Google, j'estime fort inutile, pour ne pas dire inconvenant, que le phénomène se reproduise ici
  • les « astuces » des recherches Google (utilisation du signe moins pour exclure un terme de la recherche, utilisation des guillemets pour rechercher une expression exacte, etc.) restent bien évidemment tout à fait opérationnelles.

Il est évident que de nombreux autres sites mériteraient de figurer dans la liste ; aussi n'hésitez pas à me faire des suggestions (par exemple, en commentant ce billet). Mieux : vous pouvez devenir « contributeur » et modifier vous-même le moteur (il faut pour cela que je vous y invite par mail ou que j'accepte votre candidature spontanée ; promis, l'entretien qui suivra sera bon enfant ;-)

samedi 22 mars 2008

Entretien avec Éric Fassin, par Les Indivisibles

Les indivisibles, « groupe de militants dont le but est de déconstruire, notamment grâce à l’humour et l’ironie, les préjugés ethno-raciaux », propose sur Youtube, en une série de 4 vidéos, une interview fort intéressante du sociologue Éric Fassin. La voici (durée totale : approximativement 30 min.)

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jeudi 20 mars 2008

Ouverture du site Sociologieurbaine.fr

Votre serviteur a participé à l'élaboration d'un site Internet consacré à la sociologie urbaine, site qui a officiellement ouvert ses portes lundi dernier (soit le 17 mars) ; il porte le nom de... Sociologieurbaine.fr (pourquoi faire compliqué...)

Il s'agit plus spécialement de présenter les recherches menées par les sociologues urbains de l'Université Nancy 2 et par leurs doctorants. Comme vous le verrez, y'a du contenu !

Bonne lecture, donc !

lundi 17 mars 2008

Histoire des femmes, histoire du genre

Voilà un certain temps que je n'avais alimenté ce blog ! Il criait famine ; voici donc un peu de nourriture intellectuelle : un numéro des Lundis de l'histoire intitulé « Histoire des femmes, histoire du genre », originellement diffusé le 16 octobre 2006. La description complète se trouve ici.

Petit rappel : il est possible d'écouter l'émission « en ligne » (via le lecteur en Flash) ou de la télécharger. Dans tous les cas, vous devez cliquer sur le titre du billet pour accéder au fichier joint (c'est à dire l'émission elle-même).

mardi 2 octobre 2007

De l'importance des mots introductifs dans les questions de questionnaires

Petit billet à la longueur inversement proportionnelle à celle de son titre. Dans l'ouvrage Le questionnaire de François de Singly (ouvrage qui fera très prochainement l'objet d'une note de lecture), on trouve le passage suivant qu'il me plaît de reproduire. L'auteur rappelle l'importance du choix des mots introductifs dans les questions posées aux individus et illustre cela avec un exemple étonnant :

La même année, la croyance avouée en Dieu baisse de 15% entre deux sondages : différence qui s'explique par une variation de la formulation des questions. Le « Croyez-vous en Dieu ? » obtient 81% de « oui », et le « Est-ce que vous croyez en Dieu ? » seulement 66%. Le « Est-ce que » diminue l'évidence de la croyance en Dieu, le fait de croire apparaissant moins comme la norme de référence. L'injonction de répondre « oui » est moindre.

Trouvez-vous ce blog intéressant ? Est-ce que vous trouvez ce blog intéressant ? Ah, on me souffle dans l'oreille qu'on atteint 99% de « oui » dans les deux cas. C'est donc l'exception qui confirme la règle ;-)

samedi 29 septembre 2007

Culture de masse et culture médiatique

Une nouvelle émission téléchargeable, cette fois-ci des « Lundis de l'histoire ». Diffusée le 2 octobre 2006. Description ici.

Musea : musée virtuel sur les femmes et la question du genre

Plutôt qu'un long discours, la présentation « officielle » de Musea :

L'Université d'Angers et l'Université Virtuelle en Pays de la Loire réalisent actuellement Musea pour mettre en valeur les recherches qui intègrent la dimension du genre en lettres, langues et sciences humaines, et tout particulièrement l'histoire des femmes.

Musea s'attache à mettre en évidence l'évolution du féminin et du masculin à travers des expositions temporaires et permanentes. Le site s'adresse tout particulièrement aux chercheur(e)s, aux enseignant(e)s et aux étudiant(e)s, aux lycéen(ne)s et aux collégien(ne)s, mais aussi à tout public intéressé par ces questions.

Actuellement, ce ne sont pas moins de 12 expositions qui sont proposées (entre autres : « Elles aussi, elles ont fait l'Europe ! », « Genre et football en Europe au début du 20e siècle », « Le hors-genre en tableau » ou encore « Femmes au masculin ».)

Musea, c'est ici.

vendredi 28 septembre 2007

Sociologie et histoire

Nouvelle série d'émissions de « La Fabrique de l'histoire », nommée « Sociologie et histoire » et diffusée du 13 au 16 novembre 2006. Liens vers la présentation détaillée de chaque numéro :

Comme précédemment, vous pouvez écouter directement ces émissions ou les télécharger.

jeudi 27 septembre 2007

Pierre Bourdieu - Le capital social

Bien souvent le capital social est rapidement défini comme « carnet d'adresses » ou « réseaux de relations » (ces deux exemples sont tirés du Sciences Humaines de ce mois-ci (n°186 - Octobre 2006), p.57) ; définition simple (simpliste ?) qui, ne semblant évoquer qu'une « collection » d'individus, tend à occulter d'une part la nécessité de raisonner en terme de groupe et d'autre part l'obligation d'introduire l'étude des autres types de capitaux auxquels le capital social est étroitement lié (et sur lesquels il peut avoir un « effet multiplicateur »).

Le texte ci-dessous est simplement intitulé « Le capital social » ; il a été publié dans Actes de la Recherche en sciences sociales en 1980 (n° 31, intitulé lui aussi « Le capital social ») et est signé Bourdieu qui, petite précision, le fait précéder de la mention « notes provisoires ». C'est souvent ce texte qui sert de « référence » aux définitions plus « poussées » du concept de capital social (par exemple, Le vocabulaire de Bourdieu, Christiane Chauviré et Olivier Fontaine, aux éditions Ellipses, ou encore Sociologie contemporaine, de Jean-Pierre Durand et Robert Weil, aux éditions Vigot).

Le capital social, Pierre Bourdieu

La notion de capital social s'est imposée comme le seul moyen de désigner le principe d'effets sociaux qui, bien qu'on les saisisse clairement au niveau des agents singuliers — où se situe inévitablement l'enquête statistique — ne se laissent pas réduire à l'ensemble des propriétés individuelles possédées par un agent déterminé : ces effets, où la sociologie spontanée reconnaît volontiers l'action des «relations», sont particulièrement visibles dans tous les cas où différents individus obtiennent un rendement très inégal d'un capital (économique ou culturel) à peu près équivalent selon le degré auquel ils peuvent mobiliser par procuration le capital d'un groupe (famille, anciens élèves d'écoles d'«élite», club sélect, noblesse, etc.) plus ou moins constitué comme tel et plus ou moins pourvu de capital.

Le capital social est l'ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d'un réseau durable de relations plus ou moins institutionnalisées d'interconnaissance et d'inter-reconnaissance; ou, en d'autres termes, à l'appartenance à un groupe, comme ensemble d'agents qui ne sont pas seulement dotés de propriétés communes (susceptibles d'être perçues par l'observateur, par les autres ou par eux-mêmes) mais sont aussi unis par des liaisons permanentes et utiles. Ces liaisons sont irréductibles aux relations objectives de proximité dans l'espace physique (géographique) ou même dans l'espace économique et social parce qu'elles sont fondées sur des échanges inséparablement matériels et symboliques dont l'instauration et la perpétuation supposent la re-connaissance de cette proximité. Le volume du capital social que possède un agent particulier dépend donc de l'étendue du réseau des liaisons qu'il peut effectivement mobiliser et du volume du capital (économique, culturel ou symbolique) possédé en propre par chacun de ceux auxquels il est lié. Ce qui signifie que, quoiqu'il soit relativement irréductible au capital économique et culturel possédé par un agent déterminé ou même par l'ensemble des agents auxquels il est lié (comme on le voit bien dans le cas du parvenu), le capital social n'en est jamais complètement indépendant du fait que les échanges instituant l'inter-reconnaissance supposent la reconnaissance d'un minimum d'homogénéité «objective» et qu'il exerce un effet multiplicateur sur le capital possédé en propre.

Les profits que procure l'appartenance à un groupe sont au fondement de la solidarité qui les rend possibles. Ce qui ne signifie pas qu'ils soient consciemment poursuivis comme tels, même dans le cas des groupes qui, comme les clubs sélects, sont expressément aménagés en vue de concentrer le capital social et de tirer ainsi le plein bénéfice de l'effet multiplicateur impliqué dans le fait de la concentration et de s'assurer les profits procurés par l'appartenance, profits matériels comme toutes les espèces de «services» assurés par des relations utiles et profits symboliques tels que ceux qui sont associés à la participation à un groupe rare et prestigieux.

L'existence d'un réseau de liaisons n'est pas un donné naturel, ni même un «donné social», constitué une fois pour toutes et pour toujours par un acte social d'institution (représenté, dans le cas du groupe familial, par la définition généalogique des relations de parenté qui est caractéristique d'une formation sociale), mais le produit du travail d'instauration et d'entretien qui est nécessaire pour produire et reproduire des liaisons durables et utiles, propres à procurer des profits matériels ou symboliques. Autrement dit, le réseau de liaisons est le produit de stratégies d'investissement social consciemment ou inconsciemment orientées vers l'institution ou la reproduction de relations sociales directement utilisables, à court ou à long terme, c'est-à-dire vers la transformation de relations contingentes, comme les relations de voisinage, de travail ou même de parenté, en relations à la fois nécessaires et électives, impliquant des obligations durables subjectivement ressenties (sentiments de reconnaissance, de respect, d'amitié, etc.) ou institutionnellement garanties (droits); cela grâce à l'alchimie de l'échange (de paroles, de dons, de femmes, etc.) comme communication supposant et produisant la connaissance et la reconnaissance mutuelles. L'échange transforme les choses échangées en signes de reconnaissance et, à travers la reconnaissance mutuelle et la reconnaissance de l'appartenance au groupe qu'elle implique, produit le groupe et détermine du même coup les limites du groupe, c'est-à-dire les limites au-delà desquelles l'échange constitutif, commerce, commensalité, mariage, ne peut avoir lieu. Chaque membre du groupe se trouve ainsi institué en gardien des limites du groupe : du fait que la définition des critères d'entrée dans le groupe est en jeu dans toute nouvelle entrée, il peut modifier le groupe en modifiant les limites de l'échange légitime par une forme quelconque de mésalliance. C'est pourquoi la reproduction du capital social est tributaire d'une part de toutes les institutions visant à favoriser les échanges légitimes et à exclure les échanges illégitimes en produisant des occasions (rallyes, croisières, chasses, soirées, réceptions, etc.), des lieux (quartiers chics, écoles sélects, clubs, etc.) ou des pratiques (sports chics, jeux de société, cérémonies culturelles, etc.) rassemblant de manière apparemment fortuite des individus aussi homogènes que possible sous tous les rapports pertinents du point de vue de l'existence et de la persistance du groupe; et d'autre part du travail de sociabilité, série continue d'échanges où s'affirme et se réaffirme sans cesse la reconnaissance et qui suppose, outre une compétence spécifique (connaissance des relations généalogiques et des liaisons réelles et art de les utiliser, etc.) et une' disposition, acquise, à acquérir et à entretenir cette compétence, une dépense constante de temps et d'efforts (qui ont leur équivalent en capital économique) et aussi, bien souvent, de capital économique. Le rendement de ce travail d'accumulation et d'entretien du capital social est d'autant plus grand que ce capital est plus important, la limite étant représentée par les détenteurs d'un capital social hérité, symbolisé par un grand nom, qui n'ont pas à «faire la connaissance» de toutes leurs «connaissances», qui sont connus de plus de gens qu'ils n'en connaissent, qui, étant recherchés pour leur capital social et valant, parce que «connus», d'être connus (cf. «je l'ai bien connu»), sont en mesure de transformer toutes les relations circonstancielles en liaisons durables.

Aussi longtemps que font défaut les institutions permettant de concentrer entre les mains d'un agent singulier la totalité du capital social qui fonde l'existence du groupe (famille, nation, mais aussi association ou parti) et de le mandater pour exercer, grâce à ce capital collectivement possédé, un pouvoir sans rapport avec son apport personnel, chaque agent participe du capital collectif, symbolisé par le nom de la famille ou de la lignée, mais en proportion directe de son apport, c'est-à-dire dans la mesure où ses actions, ses paroles, sa personne font honneur au groupe. (Inversement, tandis que la délégation institutionnalisée, qui s'accompagne d'une définition explicite des responsabilités, tend à limiter les conséquences des manquements individuels, la délégation diffuse, corrélative du fait de l'appartenance, assure à tous les membres du groupe sans distinction la caution du capital collectivement possédé mais sans les mettre à l'abri du discrédit que peut entraîner la conduite de tel ou tel d'entre eux, ce qui explique que les «grands» doivent en ce cas s'attacher à défendre l'honneur collectif dans l'honneur des membres les plus démunis de leur groupe). En fait, c'est le même principe qui produit le groupe institué en vue de la concentration du capital et la concurrence à l'intérieur de ce groupe pour l'appropriation du capital social produit par cette concentration. Pour circonscrire la concurrence interne dans des limites au-delà desquelles elle compromettrait l'accumulation du capital qui fonde le groupe, les groupes doivent régler la distribution entre leurs membres du droit à s'instituer en délégué (mandataire, plénipotentiaire, représentant, porte-parole) du groupe, à engager le capital social de tout le groupe : ainsi, les groupes institués délèguent leur capital social à tous leurs membres mais à des degrés très inégaux (du simple laïc au pape ou du militant de base au secrétaire général), tout le capital collectif pouvant être individualisé dans un agent singulier qui le concentre et qui, bien qu'il tienne tout son pouvoir du groupe, peut exercer sur le groupe (et dans une certaine mesure contre le groupe) le pouvoir que le groupe lui permet de concentrer. Les mécanismes de délégation et de représentation (au double sens du théâtre et du droit) qui s'imposent — sans doute d'autant plus rigoureusement que le groupe est plus nombreux — comme une des conditions de la concentration du capital social (entre autres raisons parce qu'il permet à des agents nombreux, divers et dispersés d'agir «comme un seul homme» et de surmonter les effets de la finitude qui lie les agents, à travers leur corps, à un lieu et un temps) enferment ainsi le principe d'un détournement du capital qu'ils font exister.

Les bouquets funéraires des bords de routes

J'avais lu l'info dans je-ne-sais-plus-quel numéro de Sciences Humaines : le site imageson.org présente une étude anthropologique nommée « Les bouquets funéraires des bords de routes », réalisée par Laëtitia Nicolas :

Bouquets funéraires de bords de route ou « bornes de mémoire ». Par cette expression, j’entends les bouquets (ou tout autre type d’aménagement) posés au bord des routes sur les lieux d’accidents mortels, mis en place pour symboliser le décès d’un individu à un endroit précis. Ce travail anthropologique, réalisé en majeure partie dans le département des Alpes-de-Haute-Provence (entre 2004 et 2006), expose des données recueillies sur le terrain (observations, entretiens), la méthodologie utilisée et propose une analyse de cette pratique de marquage d’une « mauvaise mort contemporaine ». L’accent est mis sur la nécessité d’étudier tous les lieux d’hommage au défunt, démontrant alors que les bornes ne sont qu’une partie visible de tout un ensemble de culte au défunt (autels domestiques, cimetières, sites Internet). Le rapport entretenu avec le végétal (nature et genre des végétaux posés, fréquences de pose, place du symbolique et du pragmatique lors de l’entretien de la borne) y est particulièrement détaillé. De même, les questions de légalité de la pratique (notions d’espace public/privé), de militantisme et d’identité (que ce soit celle du défunt ou celle des poseurs de bornes) sont également développées.

Que ce soit pour l'objet d'étude en lui-même, pour la description du positionnement du chercheur (« Ce terrain a eu pour particularité d’attirer de forts à priori sur la démarche poursuivie (parfois qualifiée de « déplacée »), des jugements rapides à l’emporte-pièce (j’ai souvent été accusée d’être une personne « voyeuriste », ou « cynique »), ou bien encore de fortes réactions morales (« utiliser le malheur des gens pour un plaisir intellectuel malsain ») ») ou pour les outils employés (notamment, et surtout, l'utilisation d'un blog qui a servi de carnet ethnographique), cette recherche mérite vraiment notre attention.

mercredi 26 septembre 2007

Histoire des classes sociales

L'émission « La fabrique de l'histoire » a proposé cette Histoire des classes sociales en 4 numéros, durant Septembre 2006. Voici les liens vers les descriptions détaillées de chacun de ces numéros :

Rendez-vous dans les annexes de ce billet pour écouter et/ou télécharger ces émissions.

lundi 24 septembre 2007

Que reste-t-il d'Auguste Comte ?

Numéro de « Sciences et consciences » du 12 octobre 2006.

La présentation complète se trouve ici.

2 changements à venir

Bonjour à tous,

le blog évolue ! Deux changements d'importance inégale. Commençons par le moins marquant :

Création d'une catégorie « En passant »

Cette nouvelle catégorie accueillera des billets courts, signalant un lien intéressant, un article à lire ailleurs, un blog à visiter ; mais j'y publierai également des petits articles (par exemple, lus dans la revue « Sciences Humaines ») ne « méritant » pas de figurer dans la catégorie « Dans le texte ». Elle servira donc tout à la fois de bloc-notes et de « tremplin publicitaire » (sans mercantilisme, toutefois !).

Vient maintenant un changement un peu plus important :

Fusion du blog avec mon site « De près ou de loin »

Ou plutôt, absorption du second par le premier. « De près ou de loin » est un site où je mets (mettais) à dispositions des visiteurs certaines émissions de France Culture (La fabrique de l'histoire, Les lundis de l'histoire, Sciences et conscience, principalement), ou plutôt des numéros choisis de ces émissions. Choisis comment ? Soit par intérêt personnel, soit sur demande. Ce principe reste valable, aussi n'hésitez pas à vous manifester. Concernant les raisons de la fusion, en deux mots : donner plus de visibilité à ce « service » (le blog est bien plus fréquenté que ne l'était le site), et me faciliter la tâche (gain de temps non négligeable).

Afin de conserver la facilité de recherche de feu « De près ou de loin », chaque billet sera taggé (taggué ? tagé ? tagué ? Bref, libellé !) non seulement en fonction du thème de l'émission mais aussi en fonction de son nom (principalement, les trois citées plus haut). Tous les billets seront classés dans une nouvelle catégorie nommée « Ouvrez vos oreilles » (d'ailleurs, soit dit en passant, il est possible de ne souscrire qu'au flux d'informations d'une seule catégorie, utile pour les internautes intéressés uniquement par cette partie-là du blog).

Les émissions seront encodées en mp3 (et non plus en ogg) ce qui permettra une lecture « directe » depuis le site et les fichiers audio seront eux aussi tag... euh... libellés.

Voilà, tout est dit (de toute façon les commentaires restent ouverts en cas de question/suggestion).

dimanche 23 septembre 2007

Pierre Bourdieu - Les jugements de goût

Cette petite vidéo (moins de 11 minutes) est un entretien avec Pierre Bourdieu sur la question du goût et de sa fonction de classement, de distinction. C'est l'occasion aussi, pour l'auteur, de glisser un mot de regret concernant le titre de ce fameux ouvrage, La Distinction, qui a été mal compris et de revenir une nouvelle fois sur la critique du « déterminisme » dont il ferait preuve.

Cette vidéo est issue du DVD « Penseurs de notre temps », édité par le SCÉRÉN-CNDP ; l'entretien est conçu et réalisé par Dominique Bollinger.

Bourdieu : les jugements de goût
envoyé par LunaticJB

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