Comment rendre compte de l’activité scientifique? Comment traduire la science sans la séparer du contexte culturel qui l’a vu naître ? L’histoire des concepts ne saurait être dissociée de celle des institutions de recherche et d’enseignement, et des liens multiples qui insèrent sciences et techniques dans la société. L’historien de la science et de ses pratiques ne s’oppose pas obligatoirement à l’historien des sciences. Il cherche à comprendre la dynamique des sciences dans l’histoire. L’historien de la science, voire le sociologue des sciences, ne saurait faire abstraction des lieux dans lesquels s’élaborent les sciences. C’est à l’université, dans les laboratoires, ou sur le terrain, que le scientifique apprend à définir des problèmes pertinents ou à identifier des solutions viables. Les conditions de l’expérience, ainsi que sa diffusion, importent autant que le résultat obtenu. La science « se fait » et il est rare qu’elle parle d’une seule voix. La dynamique des sciences suit des logiques de travail, de savoir faire ou de culture expérimentale ou théorique multiples. Les scientifiques vivent dans des univers sociaux différents. Faire de la science un objet historique nous oblige donc à comprendre les sciences et les pratiques de la science d’un tout autre lieu que la Raison et la Vérité.

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