Voici ce que l’on peut voir et lire dans l’Est Républicain daté du jeudi 8 avril 2010 :
Injures, clichés, populisme, simplification outrancière… Est-ce d’ailleurs bien utile de « philosopher » sur un tel papier ? Les feuilles de chou, c’est indigeste. Même pour des limaces.
Edit (09/04/10 à 13h25) : un mail de la Présidence de l’Université Nancy 2 donne le contenu de la réponse que le Président a adressée au rédacteur en chef. Le voici :
Monsieur le Rédacteur en Chef de l’Est-Républicain,
J’ai pris connaissance d’un article paru dans votre journal ce jour dans la rubrique « En images » et, eu égard au contenu de cet article, j’exige la publication du droit de réponse suivant :
« Une photographie prise dans des conditions que j’ignore totalement représente une douzaine d’étudiants assis par terre sur la pelouse du Campus Lettres et Sciences Humaines de l’université Nancy 2. Je précise qu’il s’agit d’une situation ordinaire quand le temps le permet dans la plupart des campus universitaires du monde entier. J’ajoute même que des photographies de ce type figurent dans les plaquettes de présentation de nombreux établissements d’enseignement supérieur : écoles, universités et constituent des éléments d’attractivité du cadre de vie universitaire. Je complète en soulignant que le campus Lettres et Sciences Humaines comprend près de 7 000 étudiants dont un bon nombre d’entre eux se trouvaient au même moment dans des amphithéâtres, dans des salles de cours, dans les bibliothèques ou les salles d’informatique. Je tiens à vous faire part de ma profonde indignation quant au titre « comme des limaces » et aux propos qui commentent cette photographie. Je passe rapidement sur « Non, ils n’étaient pas en grève ». Il est vrai que cette année le campus Lettres et Sciences n’a pas connu de situations de crise comme les années passées. Je poursuis, « Les étudiants de la fac de Lettres se la coulaient douce … vautrés sur la pelouse ». Je vous laisse juge des termes mais j’insiste sur l’utilisation de la formulation « Les étudiants » et non « Des étudiants ». Je retiens aussi l’expression « Ils philosophaient peut-être sur le plaisir de ne rien faire » et pour couronner le tout la comparaison avec leurs camarades qui ailleurs sont en pleine révision. Je m’interroge sur l’intention sous-jacente à cette manière totalement orientée de commenter une photographie somme toute assez banale. J’imagine que si cette photographie avait été prise ailleurs, dans une autre faculté ou dans une autre université, le titre et les commentaires auraient pu être très différents : « Réviser au soleil », « Ils potassent leurs examens au grand air » … Pour conclure, j’estime que cet article est de nature à nuire à l’image du campus Lettres et Sciences Humaines et à celles des étudiants de ce campus. Je pense que les termes choisis par le rédacteur de cet article sont susceptibles de traduire une telle intentionnalité. Aussi, je vous informe qu’en tant que Président de l’université Nancy 2, je me réserve le droit de poursuivre en justice l’Est-Républicain pour diffamation publique dans la presse portant atteinte à l’université Nancy 2 et aux étudiants et qu’à cet effet, je demanderai l’avis du Conseil d’Administration de l’établissement ».
François Le Poultier
Président de l’université Nancy 2
Edit (10/04/10 à 16h10) : L’Est publie des « excuses »… tout en se faisant passer pour quasi-victime :
Toutes nos excuses !
Quelques lignes sous une petite photos ont suffi pour déclencher un tsunami de protestations, via internet. La rubrique « En Images » n’est pourtant pas abonnée au scandale quotidien, c’est juste un espace qui se veut le reflet de l’air du temps.
Mais voilà, les étudiants en Lettres qui profitaient d’une belle après-midi printanière n’ont pas supporté qu’on les compare à des limaces, sur une pelouse humide. C’était un trait d’humour, peut-être maladroit, qui a fait bondir bon nombre d’étudiant(e)s qui > se sont empressé(e)s de nous exprimer leur mécontentement (lire ci-contre). Si cette anodine légende a heurté la sensibilité estudiantine, nous en sommes désolés et formulons illico nos plus plates excuses.
Il n’était pas question pour nous de railler leurs études, pas plus que leurs capacités à travailler dur pour obtenir des diplômes.
Et puis, nous avons le dos large, habitués que nous sommes à jouer les boucs émissaires, dès que nos mots déplaisent. Jean-Luc Mélenchon évoquait récemment notre « métier pourri » . Un métier de plus en plus difficile à exercer au quotidien…F. D. (Fernand DOYEN)
Edit (12/04/10) : Ce matin, c’est le « médiateur » de l’Est Républicain qui nous a gratifié d’un petit billet nous expliquant combien on manquait d’humour… :
Bave de limaces
« Comme des limaces… » Sous ce titre un peu rude, figure une image, publiée dans notre édition de Nancy, jeudi dernier 8 avril. Une jolie photo du campus de Nancy 2, fixée au soleil printanier par notre photographe Denis Mousty. Une prise de vue nostalgique, qui ne va pas sans rappeler San Francisco ou LA, à la douce époque du pouvoir des fleurs. Reposent sur la pelouse, des étudiants communiant aux beaux jours. La légende qui accompagne le cliché taquine gentiment les potaches: « Non, ils n’étaient pas en grève. Les étudiants de la fac de Lettres se la coulaient douce mardi, vautrés sur la pelouse centrale encore humide des dernières pluies, ils philosophaient peut-être sur le plaisir de ne rien faire ou pensaient à leurs copains de première année de médecine ou en prépa, en pleine révision de concours ». Esthétiques et innocentes, la photo et sa légende ont soulevé un tollé sur Facebook. Profondément choqués qu’on puisse atteindre à leur crédit, les étudiants de Nancy 2 ont déversé mille messages ulcérés sur la toile. Pourtant chacun sait qu’ils ne sont ni d’impénitents flemmards, ni des grévistes patentés, encore moins les membres d’une filière déclassée. À l’aune de leur orgueil, la bronca vigoureuse visait autant à défendre leur diplôme que la réputation de l’université. Elle traduisait aussi leur inquiétude face à l’avenir. Chacun comprendra. Cette catharsis collective ne souffrait qu’un défaut. Celui d’être dénuée d’humour, cette élégance de l’esprit, si précieuse pour relativiser les affres de la vie.
Jean-Louis ANTOINE

Commentaires
Impressionnant de subjectivité, de parti pris, de mauvaise foi etc.
Tu nous tiens au courant si ça part vraiment en justice ?
ClochetteOui, j'éditerai ce billet au fur et à mesures des événements…
LunaticD'un autre côté, l'Est Républicain, ça n'a jamais volé très haut... C'est le genre de truc qui arrive à me donner l'illusion que Ouest-France est un journal de qualité.
La 'titeles réponses sont incroyables aussi !
Clochetteun peu d'humour les nancéens ! que diable !
Nous sommes nancéiens et vu la bassesse de l'article je ne vois pas pourquoi nous devrions en rire.
Un NancéienPour avoir étudié quelques années à Nancy 2, je dois dire qu'il y a quand même pas mal de glandeurs qui passent plus de temps à la cafeteria (ou sur les pelouses par beau temps) qu'à la bibliothèque...
Le grandEuh...à part si tout ceci n'est qu'une vaste blague, je dois dire que je ne comprend pas trop l'intérêt d'une telle histoire...pour un article qui se veut plus taquin qu'autre chose.
En principe à cet age on devrait commencer à assumer le fait d'être un branleur...non? ;)
mika